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    Notes for dusk

    Innerly

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    Les heures grises

    Innerly

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    Aux ambrées

    Innerly

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    Ein anders ist (bonus)

    Innerly

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Innerly
LP 180g (with insert) + CD.
9 tracks (+ 3 bonus tracks on the CD). 48 minutes.
Annexia, 2012.


1. Souffles et souvenirs
2. Notes for dusk
3. The passing bird
4. Grieves
5. Les heures grises
6. Pâle
7. Inland
8. Aux ambrées
9. Nocturnes

Bonus tracks (CD)
1. Mouvement d'orchidée
2. Ein anders ist
3. Lingered


Listen to the entire album here.








NOTES

(ENG)

At the beginning there was the intensive and repeated reading of Johannes Bobrowski, one of the most important german poets from the middle of the 20th century, and then Innerly began to take shape from the inside. Like Bobrowski's poems, who found there the essence of his work, Innerly can be seen as an attempt of « notation de l'instant »1.

An amber-coloured reverence, a nocturnal revealing, leading to an accepted intimacy, dense and bare. Grey hours into the darkness of a room covered with wood and ashes, solitary hours within the reunion of the pale smiles of a protective and motherly forest.

Interlacing and blooming memories in a poetical breath... This is mostly about « sauvegarder l'intégrité du lointain et de l'absence »2.

Within the lands, echoing complaints crouching into a voluntary distance and slowly slipping towards a light, towards a stretching of Time, Mind and Body. Thus, « le paysage de l'enfance […] s'ouvre à une autre dimension, celle du mystère et de l'inconnu […], celle du temps »3.

Bringing life to a controlled fragility, to a restrained melancholy, Innerly makes one with isolation. It makes openness ever so delightful.

Studded with evocations of both profane and mystical tradition, the contemplation of an automnal nature slightly unveils its secrets, its sadness and its beauty. Passing birds impose their will and implore the detachment of Man ; « l'essor »4 is intimately connected to the « retour au sol »5.

In this landscape built outside Time, one might only see an endless wandering, but inside still lay a few notes randomly scribbled for dusk.


(English version : (s) / Thomas Bel. February 2012.)



____________________________________

1 Antoine Jaccottet, "Eclat et mystère de Bobrowski", postface à Johannes Bobrowski, Ce qui vit encore, Orphée – La Différence, 1993, p.105

2 Ibid., p.109

3 Ibid., p.109

4 Ibid., p.107

5 Ibid., p.107




*



(FR)

En prenant pour point de naissance la lecture intensive et répétée des textes de Johannes Bobrowski, un des plus importants poètes allemands du milieu du siècle dernier, Innerlys'est esquissé de l'intérieur. A l'instar des poèmes de Bobrowski, qui voyait là l'essence même de son œuvre, Innerly peut être appréhendé comme une tentative de « notation de l'instant »1.

Un recueillement aux couleurs ambrées, un dévoilement nocturne, confinant à un intime accepté, à la fois dense et dépouillé. Heures grises dans la pénombre d'une pièce tapissée de bois et de cendres, heures esseulées en retrouvailles des pâles sourires d'une forêt maternelle et protectrice.

Des souvenirs qui s'entrecroisent et s'épanouissent dans un souffle poétique... Il s'agit, avant tout, de « sauvegarder l'intégrité du lointain et de l'absence »2.

A l'intérieur des Terres, résonnent des complaintes blotties dans un éloignement volontaire et glissant lentement vers une lumière, vers un étirement du temps, de la pensée et du corps.

Ainsi, « le paysage de l'enfance […] s'ouvre à une autre dimension, celle du mystère et de l'inconnu […], celle du temps »3.

En donnant vie à une fragilité maîtrisée, à une mélancolie contenue, Innerly s'inscrit dans l'isolement pour mieux pouvoir s'ouvrir.

Parsemée d'évocations d'une tradition profane et mystique, la contemplation d'une nature automnale dévoile à mots couverts ses secrets, sa tristesse et sa beauté. Des oiseaux de passage imposent leur volonté et implorent le détachement de l'homme ; « l'essor »4 est intimement lié au « retour au sol »5.

Dans ce paysage ancré dans un hors-temps, à ce que l'on pourrait prendre comme étant une errance sans fin, reste encore, à l'intérieur, quelques notes griffonnées à l'arrachée, à l'attention du crépuscule.


(Thomas Bel, Février 2012.)



____________________________________

1Antoine Jaccottet, "Eclat et mystère de Bobrowski", postface à Johannes Bobrowski, Ce qui vit encore, Orphée – La Différence, 1993, p.105

2Ibid., p.109

3Ibid., p.109

4Ibid., p.107

5Ibid., p.107