REVIEWS / Innerly


C’est en 2009 que l’on parlait de Thomas Bel, alors qu’il sortait son véritable premier album sur le label toulousain Annexia Records. Trois ans plus tard durant lesquels le jeune homme a sorti productions numériques et CDRs, on le retrouve chez Annexia avec cet album intimiste sorti en vinyle + CD.

N’ayant que peu écouté Thomas Bel en l’espace de 4 ans, on avait un peu oublié la nature de son travail. Aussi c’est avec surprise que l’on redécouvre son travail avec Souffles Et Souvenirs en guise d’ouverture de cet album, sa richesse et le sens du tempo. Lents accords de violoncelle et brèves attaques des cordes, sonorités acoustiques, des coups en guise de rythmique abstraite, ou encore une mélodie de piano qui finit d’ajouter à cette impression de chaos, de brisure. Si la suite se révèle plus fluide, l’ambiance quant à elle reste à la grisouille. La lente mélodie de clavier lumineux de Notes For Dusk ne faisant qu’accentuer la gravité du chant de Thomas, feutré et éraillé. Sur The Passing Bird la composition est diluée, les notes résonnent et le chant passé à la reverb et sous mixé semble avoir traversé les âges.

S’il ne s’agit pas d’une constante, le chant semble prendre une place plus importante sur ce nouvel album, lorgnant même vers une musique post-pop sur Inland ou encore le très beau Les Heures Grises, parsemé de grésillements de vinyle. De part son instrumentation, l’album oscille entre un post-rock alangui et une musique néoclassique, la part électronique étant réduite à quelques effets, ainsi qu’à des enregistrement de bruitages et autres sonorités ambiantes. Comme son titre le laisse entendre, il s’agit là d’une œuvre intimiste, faite de mélancolie, de douceur et de solitude, mais difficile à définir puisqu’on hésitera entre apaisement et tourments, même si une certaine sérénité semble dominer au fond.

Après les 9 titres de la version vinyle, 3 autres morceaux complètent le CD avec une approche peut-être un peu plus expérimentale. Trois morceaux instrumentaux avec pour commencer le superbe Mouvement d’Orchidée qui nous apparaîtra extrêmement lumineux au regard du reste de l’album. Les deux derniers titres, plus abstraits, plus sombres et inquiétants sont tout aussi réussis avec leur ambiance cinématographie, entre grincements de cordes et bruits de pas dans les feuilles automnales, concluant un album habité.

(Fabrice Allard / EtherReal. October 2013. FR.)




Thomas Bel is a true man of the fall, the time of year when the dead take pleasure listening to the footsteps of the living crossing their graves. Initially inspired by the German poet Johannes Bobrowski and comparing his work to Richard Skelton, Christian Fennesz and Erik Skodvin, the Toulouse-based Bel serves a woodland episcopate of melancholy, “a controlled fragility” of layers combining field recordings, guitar, piano, cello, flute and electronics.

Innerly is a rich, multivalent tapestry, an abstract of autumnal emotions all the more evocative for being crafted with such restraint. Though he sings, it’s not so much a singer’s album as a bronze and dun-coloured impressionism into which occasionally floats a tentative voice, one of the many leaves of the forest. All sounds, from the sweetly melodic and ambient to the concrete, except the droning cello on “Pâle,” have been played and spindled by Bel into the branches of the trees that surround him, both literally and metaphorically. Smooth as river rocks and rough hewn as a badger’s hollow, the music merges so closely with the environment that it defies categorization as anything but natural poetry.

Also available on vinyl, the CD version contains a triptych of bonus tracks in a long, languid denouement.

(Stephen Fruitman / Igloo Magazine. June 2013. USA.)




It hasn’t been long since I first heard Thomas Bel, but I already look forward to each new record he releases. His music quietly entrances me, and while listening to it, I often find myself staring off into the distance at nothing in particular, wrapped up in the sparse compositions. “Innerly” is perhaps Bel’s best work to date. There is a crepuscular feel to this album. The music seems to take place during or slightly after the time of day that photographers call “the golden hour”, when the light turns a deeper shade of orange and shadows grow long. The cello slowly breathes upon a bed of ambiance while Bel’s measured voice floats in the near distance. Sometimes, most notably on Les Heures Grises (The Grey Hours – if “the golden hour” is a photographer’s favorite time of day, “the grey hours” must rank among the least favorite), a pleasing crackle sneaks in and adds some grit to the slow chime of the song, making it become a gravel path at sunset, full of unseen presences and half-formed memories. The first song on side 2, Pale, features an exquisite violoncello drone courtesy of Silvia Rodriguez, as well as more of that beautiful, autumnal crackle and Bel’s plaintive voice. Later, Aux Ambrees brings the strings to the forefront, while the background seems to retreat into disused, cement warehouse space, courtesy of some well placed, wooden-sounding clatter. The album draws to a close with the fittingly-named Nocturnes, with more string drone and somnambulant glitch underlying some brief, ghostly vocals. But wait, that’s not all! The record comes packaged with a CD featuring three bonus tracks, the beautiful, sad instrumental Mouvement d’ Orchidee, the midnight rustling cello dirge of Ein anders ist, and the gloriously melancholy, yet ominous, Lingered. There is not a bad song on here, and I love the way Bel layers textures on top of his compositions. This is the perfect music for long autumn evenings. It anticipates winter nicely. The cover art is equally layered and mysterious. In short, this is a masterful combination of melancholy strings and field recordings. Go buy it!

(John Scharpen / Know deposit know return. September 2012. USA.)




Si le travail du Toulousain Thomas Bel se situe toujours dans les domaines electronica / ambient explorés sur son premier album The Birds are still the Monarchs (2009), ils se teintent aujourd'hui de sonorités de plus en plus acoustiques, comme sur le morceau d'ouverture "Souffles et Souvenirs" inspiré par la poésie de Johannes Bobrowski, où le violoncelle donne la respiration au titre. En effet, Innerly mêle ses nombreux drones et field recordings à des pianos, flûtes, guitares, cordes, laissant toujours une grande part au silence, à la douce mélancolie et aux atmosphères intimistes et mélancoliques. Entre grisaille psychique, contemplation paysagiste et austérité fragile, les esquisses de Bel doivent beauocup aux frimas de l'automne et aux premiers givres de l'hiver. Mais l'aspect glacé de l'ensemble, d'un romantisme presque excessif et baigné d'un ennui tourmenté, arrive dans ses meilleurs moments à dépasser le minimalisme apparent pour atteindre une pureté recueillie et aérienne. Cette dimension éthérée est appuyée par l'omniprésence des oiseaux dans les champs sémantiques de Thomas Bel. Même si le néoclassique n'est jamais très loin ("Aux Ambrées"), le musicien a réussi à créer un monde qui lui est propre. De nombreuses influences peuvent tout de même apparaître. Eno bien sûr, mais aussi la froide beauté paysagère de Richard Skelton ou encore l'électronique aérienne et sombre de November, le projet ambient de Simon Huw Jones (And Also The Trees). A écouter de préférence dans une cabane au fond des bois, alors que le vent souffle dans les arbres au dehors et que le bruine rend la vision abstraite. 77%

(Max Lachaud / Obsküre. July 2012. FR.)



Moments de contemplation solitaire, Innerly, le deuxième album de THOMAS BEL fait suite à son prédécesseur The Birds Are Still The Monarchs sorti en 2009. Doté d'un timbre de voix rappelant SCOTT KELLY (NEUROSIS), THOMAS BEL poursuit son aventure dans cet univers composé d'abstractions et d'émotions. A l'aide d'une musique minimale, entre Electro-acoustic et Drone, il n'hésite pas à se saisir de la guitare, du piano, du violoncelle ou encore de la flûte pour triturer les sonorités de chacun.

Innerly fait partie de ces albums hors normes, difficilement classable même si très tôt on sait à côté de quels autres disques on va le ranger. On lui trouve différentes affinités expérimentales ou étranges, un peu éparses mais toujours cohérentes.

Trouvant une part de son inspiration dans le travail de Johannes Bobrowski, un poète allemand de la moitié du 20ème siècle, Innerly est aussi un album éclatant de luminosité. Les notes frôlent la mélancolie, la tristesse et d'autres émotions poétiques, pourtant l'ensemble du travail de THOMAS BEL ne transpire pas la souffrance ou la douleur. Il émane des ombres une aura rassurante. De l'inconnu, une fragilité douce. De l'isolation, une ouverture.

Innerly est un album auquel il faut s'abandonner. Auquel on peut, en toute sécurité s'abandonner. L'introspection suggérée n'est jamais violente ou angoissante même si THOMAS BEL favorise la lecture des limbes internes. Voluptueusement beau, Innerly est un album maîtrisé, intentionnel qui livre ses secrets au fur et à mesure que l'auditeur renonce au contrôle et se laisse emporter par le mouvement.

(Frédéric Brichau / Shoot Me Again. July 2012. FR)




Sans m’être préalablement laissé influencer par le concept poétique sur lequel doit reposer Innerly, et j'ai immédiatement été chamboulé par un déferlement inexorable de mélancolie. De la vraie, de la qui serre les intestins. Pas le Blues du lundi matin. Innerly, en anglais, ça doit vouloir dire expérience intérieure, ou un truc équivalent, sinon c’est pas possible. Porté par cette seule musique, je me suis retrouvé, sans m’y attendre, au plus profond de moi-même. Seul. J’avais froid. Je te dis pas l’introspection.
Certains artistes sont donc comme ça, prennent, dans la vie, des risques inconsidérés, et au lieu, comme tous les autres, de changer leur statut facebook toutes les dix minutes pour annoncer quel goûter ils ne vont pas tarder à grignoter ou dans quelle vidéo youporn ils viennent de trouver l’inspiration, ils collent, les uns aux autres, des bouts de sons sur garageband. Parfois même sur des softwares plus élaborés. Ils touchent, en informatique. C’est quand même cool, un ordi, pour faire de la musique tout seul à la maison. C'est une porte à la créativité.
De façon totalement inattendue, cette allégorie à la solitude la plus profonde commence par un silence. C’est toujours beau, un silence. Ça en dit long. Puis monte un drone. Quelques notes délicatement égrenées. Poignant. On se croirait dans une église, en hiver. Ça rigole pas. Entre alors la voix grave et murmurée de Thomas, qui comme Philippe Le et Joseph-Antoine, s’appelle Bel. Brrrr. Parti à la recherche du vide, Thomas Bel le trouve sans forcer. Il chante sa solitude dessus, avec son micro-casque, et sa musique (de chambre) funèbre fout les jetons.
Si vous pensez décéder bientôt, que vous êtes atteints d'une maladie incurable ou que vous avez décidé d'en finir avec les turpitudes de la vie, commandez dès à présent une "pièce" à un artiste en devenir. Soyez originaux, ça changera un peu de tous vos potes que l'on enterre au son d'Atmosphere de Joy Division ou que l'on envoie au crématorium avec Angels Of Light en fond sonore. Thomas Bel, grand spécialiste de la musique de recueillement, c'est l'assurance de tirer la larme à chaque invité.

(Bil / Nextclues. July 2012. FR)



Si vous cherchez un album pour pousser les meubles, pour faire la nouba toute la nuit... Cet album n'est définitivement pas pour vous.
Si par contre, vous cherchez quelque chose pour vous maintenir éveillé lors d'un Paris - Dijon en voiture... Allez voir ailleurs.
Ou alors, si vous chercher un album à écouter seul, pourquoi pas dans le noir (à condition de les avoir bien accrochées), un disque qui vous impose une écoute active, qui vous prend aux tripes sans vous lâcher jusqu'à la dernière piste, ce disque est celui que vous chercher depuis tant d'années.
Thomas Bel live ici un album opaque, assez inaccessible de prime abord, mais qui une fois apprivoisé, se révèle totalement addictif. Jouant sur les nerfs, cachant les montées par des bruits étranges, des bruissements de micros ou de feuilles, on ne sait jamais si quelqu'un marche dans la neige, ou si un synthétiseur fait simplement monter la pression.
Une sensation d'étouffement, d'angoisse claustrophobique, mais en même temps (et c'est là où Thomas rend ce Innerly totalement indispensable) une espèce de sérénité envahit l'auditeur. Malsaine & mélancolique, je vous l'accorde, mais bien présente. Oeuvre presque cinématographique (pas une énième B.O. imaginaire non, mais on collerait bien ce disque en regardant Stalker de Tarkovski). C'est assez difficile de coller des mots sur ce disque, tant l'écoute est viscérale, on en ressent jamais la même chose suivant les écoutes, on découvre toujours un petit son, un break caché. On peut se complaire à se perdre dans cet enchevêtrement de sons & de matières, cet assemblage de sonorités disparate formant un tout, une espèce d'être hybride envahissant, qui insidieusement prend contrôle de votre esprit pour n'en sortir qu'une fois la face terminée, et c'est la peur au ventre qu'on retourne le disque pour en reprendre...

(X_Lok / XSilence. June 2012. FR)




From its opening moments, Innerly entices and immerses in a bleak, near-cinematic, post-apocalyptic wasteland of sound. There’s a strange beauty to the darkness, though. Each passing moment only further envelops the listener until Innerly becomes an utterly inescapable experience that borders on harrowing. This is dark music that offers close to no reprieve in mood and tone. Innerly‘s music is meditative and its lyrics bend toward the contemplative. After a while Innerly almost starts to feel voyeuristic, or as if you’re exploring Bel’s innermost thoughts and darkest moments vicariously through listening to this. It’s produced, sequenced and executed masterfully. Between this LP and Good Night & Good Morning’s Narrowing Type, 2012 is already shaping up to be one of the best years ambient post-rock has had in some time.

(Steven Spoerl / PopMatters. June 2012. USA)



Et Quelque chose lentement d'ap(dis)paraître...

Une respiration : notes tenues de violoncelle, environnement sonore spectral, petits chocs sourds. C'est le début de "Souffles et souvenirs", le premier titre de Innerly, deuxième disque (après des œuvres autoproduites) de Thomas Bel, musicien toulousain. Quelques notes de piano rejoignent les lentes inspirations-expirations. Comme si nous étions dans un scaphandre à l'intérieur de nous-même, immergés dans cet ailleurs plus radical encore d'être au plus profond, à l'écoute d'une guitare submergée égrenant un embryon de mélodie. "Notes for Dusk" allie piano et environnement électronique, puis guitare, à la voix lointaine et proche pour un morceau qui confirme l'ancrage dans une ambiante sombre, amoureuse des traînées mystérieuses : « Something slowly appearing (...) Something slowly revealing » me fournit l'idée du titre de ma chronique - pas d'erreur : j'ai bien écrit "ap(dis)paraître" pour essayer de traduire l'ambivalence du mouvement. Chaque titre est comme une peinture de Giacometti, entre apparition et disparition, tissé d'ombres, de silences. Tout est suspendu à la magie des boucles tranquillement lumineuses du piano qui rayonne avant d'être avalé par les couches électroniques. Nous plongeons peu à peu dans la splendeur d'un monde où les strates sonores s'interpénètrent. La voix très loin derrière les motifs hypnotiques tissés par les drones divers, parce que nous sommes de l'Autre côté avec "The Passing Bird", à l'intérieur du chant. La même impression persiste sur les morceaux suivants : la voix sera toujours recouverte, incorporée au substrat musical qui finira par la dissoudre. Ainsi, dans "Grieves", se fond-elle dans la rutilance électronique finale. "Les Heures grises" est comme l'histoire d'un lent effacement : mélodie au piano (clavier) en boucle insidieuse, grésillements, chocs sourds, surplombent une voix exténuée, de dessous, qui s'enfonce inéluctablement, mais par-delà toute tristesse.

Car ce monde est en demi-teintes, peuplé d'esprits peut-être, hanté de souvenirs. Quelque chose se déplace dans "Pâle", environné de grondements de drones, pour laisser surgir de rares notes plus claires, grignotées, envahies par une courte mélodie plus intense. Je pensais en écoutant cela à un groupe français que j'ai chroniqué en 2008, B R OAD WAY (et dont le nouveau disque ne m'a pas totalement convaincu pour l'instant), ou encore à certains passages du très beau  A silent effort in the night de Louisville paru en 2009. Ce disque se rattache en effet à toute une mouvance musicale attachée à l'exploration de l'infra, aux limites de l'audible, à la confluence de la musique, des bruits et du silence : musiques oniriques, discrètes. On avance dans l'obscur, enveloppés de sillages troubles et doux, frôlés par des présences frémissantes. Le chant de Thomas dans "Inland" se fait hymne fragile à l'avènement du presque rien, du dépouillement. D'impressionnants drones de violoncelles ouvrent "Aux ambrées", en écho au premier titre, pour se résorber très vite dans un quasi silence, revenir parés de traces instrumentales au milieu desquelles s'invitent des cliquetis, comme des sons de cloches. D'aucuns trouveront à un tel appauvrissement volontaire une allure funèbre, sépulcrale : c'est se méprendre sur cette grande voie de la recherche musicale, aux antipodes de la tonitruance et des prouesses. Aux confins surgit parfois une immense délicatesse, ainsi au début du "Mouvement d'Orchidée", ces vibrations harmoniques tenues, en guise de corolle pour la guitare et quelques sons feutrés. Il me semble qu'il y a, dans notre quotidien saturé de bruits et de lumières agressives, de couleurs éclatantes, un besoin d'autre chose, d'une musique qui sache écouter les tressaillements infimes, débusquer les beautés secrètes. C'est le chemin presque initiatique qu'emprunte ce disque à la fois sobre et fouillé, comme en témoigne le bonus 3, "Lingered", mini-symphonie électronique bruissante dont émerge un battement de guitare...Une très belle découverte !

(Dionys / Inactuelles. May 2012. FR)




Thomas Bel was born, as he informs us on his website, in autumn. Could it be that it had such a strong influence on his whole persona that it would transpires through his work to this day? Whether this is indeed the case or pure coincidence, his music is at best dark, introspective and cinematic, in an oddly oppressive way. Musician, sound artist, poet and all-round dreamer, Thomas Bel hails from Toulouse, south of France, where he regularly plays live. Although essentially electronic-based, his music also incorporates acoustic elements (cello, guitar, piano), and field recordings, over which he occasionally adds vocals.

Released over three years on from his debut album, The Birds Are Still The Monarchs, and following a handful of self-released recordings, Innerly continues on a similar path to its predecessor, its sprawling gothic soundscapes casting dark toxic shadows over the whole record. Originally inspired by Bel’s fervent reading of the work of twentieth century German poet and writer Johannes Bobrowski, this album is, as its title indicates, particularly introspective and contemplative. At times reminiscent of the ambiences found on Miasmah, Bel builds extremely desolate pieces, often from no more than a handful of sound sources, which are then worked on until they blend in to form a consistent, at times surprisingly dense, whole.

There is, running through the whole record, a certain lyrical progression which binds it all together and establishes some sort of natural flow from one end of the record to the other. Alternating between stark instrumentals and vocal pieces, Bel keeps things stripped down to the point where his vocal contributions, neither sang not spoken, always fragile and shaky, are, for the most part, barely audible, the meaning of his words lost amidst layers of decaying soundscapes. All remains is a vague feeling that something has happened without being able to fully understand what exactly, and what consequence it may have. The voice is, here, treated almost as a components amongst others, and serves solely to alter the mood of the moment. His instrumental pieces are equally as ethereal, acoustic and electronic components blending into gloomy sonic vignettes upon which crackles and statics add texture.

Innerly is a somewhat enigmatic record, which never seem to reveal its entire reach at any one time. Dense yet minimal, electronic yet sounding textural and acoustic, it is a piece of work in which to wander and get lost to truly appreciate its intrinsic beauty.

(themilkman / The Milk Factory. May 2012. UK)




Soms valt alles tezamen: de website, foto's, de omschrijving, de tekst, de sfeer en de muziek. Bij de Franse muzikant en dichter Thomas Bel is dit het geval. Geboren in de herfst schrijft hij gedichten, componeert muziek en danst met de vogels in de nacht. Hoe poëtisch kan dat zijn?

Het album Innerly is geïnspireerd op het werk van de Duitse dichter Johannes Bobrowski. De titel zegt het al, een introspectief waarmee Bel middels piano, cello, fluiten, gitaar, abstracte drones en stem een melancholische sfeer creëert. Zijn stem behelst vaak een zoektocht naar de juiste toon en melodie: zacht en opgaand in de muzikale begeleiding.

Thomas Bel neemt de luisteraar mee naar de diepten van zijn ziel, zonder dat hij strandt in navelstaarderij. Muzikaal is het album traag, zacht en kabbelt voort met een scherpe rand. De mix van herkenbare melodielijnen, field-recordings en drony geluidslagen maken de drukkende sfeer open. Innerly is een uitnodiging om samen met de muzikant en poëet op reis te gaan tijdens een donkere regenachtige dag.

(Jan Kees Helms / Ravage. April 2012. NL)


Thomas Bel lives and works in Toulouse, France. He is born in autumn and writes and composes music and poetry. His biography tells us that he dances with birds in the night. How poetic can you be? Inspired by the german poet Johannes Bobrowski Thomas Bel created this introspective album. With minimal melodies created by piano, cello, flutes, guitar, voice and melancholic abstract drones. The music is subtile, fragile and built up with nice field-recordings, small melody-lines and repeating soundlayers. His voice has the same atmosphere as mentioned before; slowly, low, soft and searching for the right melody in combination with the musical support. Thomas Bel takes the listener to the depths of his soul and body. The mix of recognizable melodies, drony soundlayers and abstract field-recordings makes the oppressive atmosphere more open and is an invitation to travel with the musician to his search to ?. Anyhow Innerly is a beautiful album of a poetic musician.

(JKH / Vital Weekly. April 2012. NL)




I should start by declaring my absolute unawareness, among gazillions of other matters, of German poet Johannes Bobrowski (1917-1965) whose work apparently lies at the basis of Innerly. From a quick glance at Wikipedia one gathers that this man was very responsive to East European landscapes, and also an expert in the cultures of the people inhabiting several of those regions. Thomas Bel, who is French instead, tried to set into music the effect of Bobrowski’s words; to do this, he chose an instrumental palette mostly made of crepuscular hues, fragments of melancholic melodies (guitars, piano and cello as instantly recognizable sources) and a few touches of field recordings besides his voice.

Starting from the latter constituent, the segments in which Bel whispers and wheezes (the texts are voluntarily kept under a level of serious intelligibility in the mix) are, in all honesty, the less enticing ones. But by considering the sonic product as a whole, attributing the same value of an environmental component to those non-invasive gravelly susurrations, this is a politely cheerless good album that places itself in the middle of a line connecting various artists who use fairy-tale humidity and dim pastels as methods of expression. Indeed, its best attribute is perhaps the difficulty of sticking it with a “sounds like..” tag, despite the incidence of acoustic after-effects that you might have heard in a number of distantly related projects. Let’s play a bit of “name game”: a spongy facsimile of Richard Skelton meets a representative of Fovea Hex (in absence of Clodagh Simonds) at Eno’s mansion, a drunk David Tibet mixing the outcome while immersed to his thighs within the slimy waters of a marsh, influenced by Pink Floyd’s calmer selections from A Saucerful Of Secrets and More).

Almost dismissed at the outset, the CD is being liked more and more as the amount of spins increases. For a cold, rainy day such as that we’re subjected to at this moment, it’s just about ideal. Never give up without a second try.

(Massimo Ricci / Touching Extremes. April 2012. IT)





Dass ein Folktronicpoet aus Toulouse sich auf ein Gedicht von Johannes Bobrowski (1917-1965) bezieht, das verwundert doch sehr. Bels eigene Poesie huldigt Innerlichkeit und Empfindsamkeit, naturnah, näher aber noch den dämmrigen Zuständen, den grauen Stunden, in denen Wehmut und Melancholie einsickern. Seine Songs - er singt Englisch - und seine Lieder ohne Worte sind zutiefst elegisch, Nocturnes aus Drones, in denen seine wispernde und wie verwehte Stimme mitströmt, verziert mit unscharfen Pianonoten, gedämpften Gitarrensounds, zartbitteren Cellostrichen und windschiefem Flötenhauch. Bebendes Grau in Grau, überstäubt mit fein gemahlener Asche, angefressen von Rost und Grünspan. Welke Blätter und wegziehende Vögel, Monotonie und fahle Schatten werden zu Natures mortes. Wie ein Leitmotiv zieht sich ein mahlendes Klacken durch mehrere Tracks, vielleicht nur ein Vinylloop, aber mit der Anmutung, dass einem da der Webstuhl der Zeit ein zu kurzes Hemd webt. Die Sonne ist ständig am Sinken in einem Land, das 'Inland' heißt, aber sich fremd anfühlt in Allem, nach dem man greift. Bels Germanophilie gipfelt in 'Ein anders ist', einem Herbstspaziergang durch ein stilles Niemandsland.

(Bad Alchemy. March 2012. GER)



.